La Grande Motte, une cité balnéaire visionnaire
Un projet pharaonique au cœur de la mission Racine
Tout commence en 1963, dans le cadre de la mission Racine, un vaste programme visant à aménager 200 km de littoral entre la Camargue et les Pyrénées. À cette époque, la zone est une étendue sauvage, faite de dunes, de marécages et peuplée de taureaux et d’oiseaux migrateurs. L’homme n’y a pas encore sa place.
Peu à peu, sur ces terres asséchées, prend forme une station balnéaire avant-gardiste, imaginée par Jean Balladur, architecte humaniste et philosophe. Un port sort de terre, suivi d’édifices au caractère affirmé, dont le Point Zéro, surprenant « bâtiment poisson ». En juillet 1968, les premières pyramides tronquées accueillent leurs estivants, marquant le début d’une nouvelle ère pour le littoral méditerranéen.
Une cité végétale où la nature reprend ses droits
Aujourd’hui, La Grande Pyramide est devenue l’emblème de La Grande Motte, qui a reçu en 2010 le label « Patrimoine du XXe siècle ». Longtemps critiquée pour son aspect bétonné, la ville dévoile désormais toute la subtilité de son architecture, ponctuée d’espaces verts et de respirations végétales.
Avec le soutien du paysagiste Pierre Pillet, Jean Balladur avait à cœur de concevoir une cité végétale. Pari réussi : 70 % de la ville est couverte de végétation, offrant aux habitants et visiteurs un réseau de promenades ombragées accessibles à pied ou à vélo. Sur la presqu’île du Ponant, abeilles et ruchers cohabitent avec une flore sauvage, tandis que les tortues marines évoluent dans l’étang.
Dans cette ville où urbanisme et nature se réconcilient, La Grande Motte prouve qu’un équilibre entre architecture et environnement est non seulement possible, mais essentiel pour l’avenir.
Rens. Office de Tourisme de La Grande-Motte
au 04 67 56 42 00. lagrandemotte.com
Crédit photo © Henri COMTE